Oyez, oyez jeunes gens ! Voici enfin un roman pour adolescents sans dragon ni vampires, très bien construit et pour tout dire, palpitant. Oui, palpitant, même pour
mon âge avancé et ma vieille carcasse de lectrice avertie, s'il en est.Jack Spark, adolescent new-yorkais et insomniaque depuis toujours, passe de justesse au lycée. Alors, pour partir sur de vraies bonnes bases, ses parents lui suppriment ses chères vacances avec son grand-père et l'inscrivent dans une colo où il va pouvoir bosser tout l'été : enchanté le Jack !
Arrivés à Redrock, Colorado, Jack et les autres jeunes gens s'aperçoivent immédiatement qu'il s'agit plus d'un camp de redressement que d'un camp de vacances. Sont réunis là des adolescents en difficulté (suicidaires, mythomanes, anorexiques, violents, voleurs...) que les méthodes traditionnelles n'ont pas réussi à mettre au pas. Le docteur Krampus a lui des méthodes toutes particulières d'éducation qui se résument en quatre mots : obéissance, frontières, couvre-feu et régime. Les coups ne sont pas exclus non plus en cas de résistance. Le but est bien de briser ces adolescents rebelles pour les faire entrer dans le rang.
Jack ne tarde pas à s'apercevoir qu'il se passe des choses étranges à Redrock, en particulier la nuit et que la famille Krampus possède des attributs physiques très étranges, outre une taille et une carrure gigantesques. Plus étrange encore, les séances obligatoires de baquet qui semblent épuisés ses camarades, le requinquent immanquablement.
Qu'est-ce qui se passe à Redrock ? Qui sont, ou plutôt que sont les Krampus ? Pas des vampires ça, vous le savez déjà. Non, c'est une idée beaucoup plus originale qu'à eu Victor Dixen et il vous faudra attendre environ deux cent cinquante pages pour le savoir. Mais deux cent cinquante pages très bien menées, où le suspense va crescendo, les suppositions les plus farfelues allant bon train. Car Jack va peu à peu comprendre qu'en plus d'être un garçon à part psychologiquement (il a toujours été différent et eu beaucoup de mal à se faire des amis), il est aussi en train de subir des mutations génétiques très particulières. Serait-il un monstre ?
Le cas Jack Spark met en mots la différence, celle que les adolescents ressentent parfois et les met à part de la société avec un fort sentiment de rejet. Avec ce point de départ très classique, Victor Dixen écrit une histoire complètement folle, passionnante et originale.
Grâce à Jack narrateur, le lecteur entre immédiatement en empathie avec lui, il le comprend et ne tarde pas à s'identifier à cet adolescent mal dans sa peau (bon d'accord, pas moi, mais je compatis...). Construit sur un mode très dynamique à la façon des page turner américains, ce roman ne dévoile que peu à peu ses batteries où le fantastique côtoie la science-fiction et la fantasy (aïe, encore un livre difficile à classer !). J'ai juste trouvé la fin un peu too much, l'auteur en faisant un peu trop dans les supers pouvoirs, mais cette réserve sera certainement un atout pour les jeunes lecteurs.
Souhaitons donc que cet auteur français qui nous livre ici son premier roman rencontre le succès et qu'il tienne un rythme aussi palpitant et une intrigue aussi intéressante pour les tomes suivants de la série.
Le blog de l'auteur - le billet de Pascal Patoz (qui a aimé aussi, comme quoi, tout arrive !)
Le cas Jack Spark / 1 : été mutant de Victor Dixen, Jean-Claude Gawsewitch, octobre 2009, 521 pages, 21 €
Le livre débute à la veille d'une grande cérémonie : le dragon Rat va choisir son nouvel apprenti. Douze jeunes garçons se sont entraînés pour prétendre à ce poste
qui leur permettra de devenir plus tard Œil du dragon. Dans cet Empire du Dragon Céleste, mi-chinois mi-japonais, il y a douze dragons (tous liés à un signe astrologique chinois), douze Yeux du
dragon et douze apprentis qui veillent sur l'équilibre de l'Empire. Sauf que depuis trois cents ans, le dragon Dragon (le dragon Miroir) ne s'est pas manifesté et le siège de son Oeil au Conseil
est vide. Contre toute attente, Eon est choisie par le dragon Miroir et le conseil des Douze ainsi reformé. Mais Eon est une femme de seize ans et non un jeune garçon de douze comme elle et son
maître le prétendent. Le conseil étant strictement réservé aux hommes, elle sera mise à mort si quelqu'un apprend sa véritable identité. Alors pourquoi le dragon Miroir l'a-t-il choisie ? Et
pourquoi lors de la cérémonie de reconnaissance ne lui a-t-il pas révélé son nom, la privant ainsi du pouvoir de l'invoquer ?
C’est alors qu’encore une fois il se fait battre par son père que David Rice,
dix-sept ans, se rend compte qu’il n’est pas comme les autres : il peut jumper, c’est-à-dire se téléporter d’un endroit à un autre selon sa
volonté.
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