Par une nuit de neige dans un cimetière londonien, Amber et Luna Wilcox sortent de leur cercueil. Elles n'ont curieusement pas froid
mais en chemin dévorent un rat pour apaiser leur faim. Oui, les soeurs Wilcox se réveillent vampires et doublement orphelines. D'abord parce que leur père a disparu, probablement mort ou tout
comme, ensuite parce que le vampire qui les a mordues a disparu lui aussi, au lieu de rester auprès d'elles pour faire leur éducation comme font les vampires dans ces cas-là... Heureusement,
elles vont croiser la route des Invisibles, d'anciens vampires qui luttent depuis des siècles contre les Drakuls, les pires de tous, grâce à leurs pouvoirs magiques. Et dans leur camp il y a
aussi Watson et Sherlock Holmes, ça peut servir... Mais Abraham Stoker, le poète du Speakers' Corner, dans quel camp est-il lui ?Voilà Fabrice Colin s'aventurant lui aussi dans les allées déjà peuplées du roman vampirique. L'originalité réside ici dans l'utilisation de célèbres personnages de fiction, identifiables même par des lecteurs adolescents qui n'auront pas besoin d'avoir lu Conan Doyle pour reconnaître son célèbre détective (et c'est sûrement tant mieux parce qu'il m'a semblé vraiment bien loin de son modèle). Autre atoût : l'apparition de créatures les plus diverses, goules, faunes, fées, gobelins qui dotent la ville d'une sorte de monde parrallèle uniquement visibles par quelques uns. Si l'on considère également le rôle tout à fait obscur de la reine Victoria, on pensera certainement que cette Londres-là a des petis airs de Newdon...
Pas de vampire séduisant ici, nous sommes dans l'affrontement et la survie. S'il y a lutte de clans entre les différents vampires, il n'y a fort heureusement pas de manichéisme. Certes, les Drakuls sont méchants, mais les soeurs Wilcox appartiennent à cette race-là, et si Abraham Stoker semble avoir choisi la mauvaise voie, il semblerait qu'il ait de bonnes excuses... J'aime quand les romans jeunesse ne donnent pas de leçons mais permettent de s'interroger.
Hormis ce point positif et la plume toujours attrayante de l'auteur, je n'ai pas été captivée par cette histoire. Il y a certes beaucoup d'action et de rebondissements, mais j'ai été déçue par les personnages qui m'ont semblé un chouïa trop superficiels, en particulier les personnages de fiction bien connus. Les familles vampiriques sont plutôt bienvenues parce qu'elles permettent de décliner toute la palette de caractères possibles chez ces créatures de la nuit mais elles sont sous exploitées.
Une interview vidéo de l'auteur à l'occasion de la sortie de ce livre (qu'est-ce que je déteste quand l'interviewer tutoie l'interviewé !)
Le livre débute à la veille d'une grande cérémonie : le dragon Rat va choisir son nouvel apprenti. Douze jeunes garçons se sont entraînés pour prétendre à ce poste
qui leur permettra de devenir plus tard Œil du dragon. Dans cet Empire du Dragon Céleste, mi-chinois mi-japonais, il y a douze dragons (tous liés à un signe astrologique chinois), douze Yeux du
dragon et douze apprentis qui veillent sur l'équilibre de l'Empire. Sauf que depuis trois cents ans, le dragon Dragon (le dragon Miroir) ne s'est pas manifesté et le siège de son Oeil au Conseil
est vide. Contre toute attente, Eon est choisie par le dragon Miroir et le conseil des Douze ainsi reformé. Mais Eon est une femme de seize ans et non un jeune garçon de douze comme elle et son
maître le prétendent. Le conseil étant strictement réservé aux hommes, elle sera mise à mort si quelqu'un apprend sa véritable identité. Alors pourquoi le dragon Miroir l'a-t-il choisie ? Et
pourquoi lors de la cérémonie de reconnaissance ne lui a-t-il pas révélé son nom, la privant ainsi du pouvoir de l'invoquer ?
C’est alors qu’encore une fois il se fait battre par son père que David Rice,
dix-sept ans, se rend compte qu’il n’est pas comme les autres : il peut jumper, c’est-à-dire se téléporter d’un endroit à un autre selon sa
volonté.
Derniers Commentaires