Comme d'autres jeunes filles de son âge, Sphyrène, 17 ans, a été recrutée
par Tristan Dolphin, manager de l'équipe olympique de natation. Elle devient très vite un des meilleurs espoirs français dans sa catégorie grâce à un entraînement intensif, excessif même, qui
développe ses capacités physiques et de résistance de façon exponentielle. Alors que les Jeux Olympiques approchent, le docteur Pierre Marsault se fait voler le résultat de ses recherches sur
l'hystérine, une nouvelle hormone. Il s'en ouvre à son ami journaliste, Vasco Real qui pressent que ces recherches risquent d'être expérimentées sur les champions olympiques. Effectivement,
Sphyrène sent peu à peu son corps se transformer et des troubles du comportement.
A l'heure pas trop lointaine où le sport est devenu l'opium du peuple, il sert à détourner les spectateurs de la réalité. Et puisque les athlètes ont atteint les limites de leurs capacités
humaines, entraîneurs et présidents de clubs n'hésitent pas à recourir à des anabolisants de plus en plus toxiques. On va même jusqu'à créer des clones élevés pour dépasser les limites
humaines.
On regrette quelques raccourcis qui desservent la densité psychologique des personnages principaux, et même de quelques seconds rôles potentiellement riches, comme le frère de Sphyrène qui vit un
processus de féminisation tel qu'il développe une grossesse nerveuse de neuf mois. Les mécanismes sportifs auraient également mérité d'être plus développés et le processus de fanatisation plus
explicité. Mais la démonstration de Joëlle Wintrebert est cependant efficace et emporte l'adhésion : il n'est effectivement pas loin le temps où les sportifs ne seront plus que des résultats (ne
l'auront-ils pas bien cherché ?) et où le sport aura anesthésié les facultés intellectuelles d'une certaine partie de la population.
Les Olympiades truquées, Joëlle Wintrebert, Fleuve Noir (Anticipation n°1573), 1987, 179 pages
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