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Mercredi 30 avril 2008

Festival Mauvais Genre du 8 au 10 mai 2008 à Tours

"Faire découvrir chefs d'oeuvre ou robustes navets, films parfaits ou imparfaits mais toujours attachants, des films inédits ou difficilement visibles dans notre beau pays et toujours placés sous la large bannière du cinéma de genre."

Pour cette seconde édition : 2 compétions de courts métrages ; la Nuit Interdite (au moins de 16 ans...) ; le Goûter érotique (interdit au moins de 18 ans cette fois) avec Quand l'embryon part braconner de Koji Wakamatsu, un must du "pinku eiga" parait-il...

Quelques uns des longs métrages programmés : Itzalak de Inigo Kintana (Espagne) ; Far Out de Phil Mucci (USA) ; Le petit chef de Annabel Osborne (Australie) ; 144 de Cédric Petitcollin (France) ; Batman : Ashes to Ashes de Julien Mokrani et Samuel Bodin (France)...

La bande annonce, superbe



Une interview de Gary qui organise cette deuxième édition
Renseignements sur
le site du festival
par Sandrine Brugot Maillard publié dans : Manifestations
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Mardi 29 avril 2008

La collection dirigée par Xavier Mauméjean pour les éditions Mango sort sa deuxième salve de titres avec deux romans dont ce premier roman pour la jeunesse de Laurent Queyssi.  On se souvient que cette collection est « dédiée à la fantasy, aux mythes et légendes qui nourrissent l’imaginaire mondial » ; mais ici, pas de civilisation ancienne clairement identifiée, mais une ambiance qui rappelle l’Asie des grandes plaines au temps des Huns et autres tribus belliqueuses.

Mikac vit avec son frère Goran et sa mère loin de tout. Très jeunes, leur mère a décidé de les éloigner de leur père, Marden. Mais à quatorze ans, celui-ci va s’imposer en faisant tuer Goran et amener Mikac à sa cour. Celui-ci est un Karobni comme son père : il peut tuer avec sa seule voix. Au château de Marden, seigneur d’Umag, il va donc apprendre à maîtriser son don pour servir son père et être digne de le remplacer le moment venu. Mais le jeune homme pense toujours à son frère assassiné et rêve de le venger.

Une des dernières phrases du roman exprime les sentiments de Mikac : « le chagrin et la haine sont des vecteurs parfaits pour le mal. Aveuglé par mon but ultime, je les ai laissés me diriger… » Je n’ai pour ma part pas ressenti que Mikac était habité par le chagrin et la haine. Il pense à son frère certes, mais la haine envers son père n’est pas sensible alors que c’est un sentiment intense. Le jeune homme s’entraîne aux côtés de son père et il tue des hommes grâce à son pouvoir sans paraître s’en émouvoir plus que ça. Pourtant Mikac est le narrateur et l’auteur aurait pu nous faire pénétrer au cœur de ses pensées… Ce n’est pas que Laurent Queyssi écrive mal, au contraire même, il écrit presque trop correctement. Comment imaginer par exemple que quand deux adolescents dialoguent l’un peut s’exprimer en disant : « Qu’as-tu fait ce matin au village ? ». Entre cette interrogation figée et un « kess t’as foutu ? », il devrait être possible de trouver la bonne tonalité.

Je suis donc restée en marge de cette histoire, peu émue par le sort de Mikac qui pourtant n’est pas gâté par le destin. Laurent Queyssi peine à nous faire partager les émotions de son héros, alors que l’enjeu est important. Je n’ai qu’à penser à l’éducation de Fitz, héros de Robin Hobb qui doit lui aussi apprendre à maîtriser son don ambivalent, pour trouver cet opus plutôt faible.


L’héritier du chaos, Laurent Queyssi, Mango (Royaumes Perdus n°06), avril 2008, 194 pages, 9 €

 

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : Jeunesse
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Dimanche 27 avril 2008

Le Pari malchanceux a mis fin au développement de l’Angleterre. Pire encore, il a ligué cette vieille nation contre les autres nations du Royaume Uni, qui n’attendaient que ça pour faire sécession, Pays de Galles en tête. Qu’est-ce que le Pari malchanceux ? On n’en saura guère beaucoup plus qu’un nom, si ce n’est ses conséquences : « la banqueroute, puis le fiasco d’une expédition militaire hasardeuse censée relancer le pays, et enfin la fuite des élites politiques, pressées de disparaître discrètement avant que les mécontents toujours plus nombreux les jettent par-dessus bord. » Mise au ban du reste du monde, sans dirigeants officiels, l’Angleterre a sombré dans l’anarchie et la voilà aux mains de gangs plus ou moins armés qui font régner la terreur à Londres et dans sa banlieue.

 

A quatre-vingts kilomètres de la capitale, Downbourne se croit à l’abri de la violence et des pillages. Jusqu’au jour où les Bulldogs anglais débarquent, immolent le maire (superbe scène !) et enlèvent plusieurs femmes qui, telles les Sabine, vont devenir les concubines forcées de ces voyous. Parmi elles Moira, la femme de Fen Morris, instituteur. Depuis de très longs mois déjà, tous deux n’ont pour couple que le nom, Moira ayant sombré dans la dépression après la naissance de ses jumeaux mort-nés. Contre toute attente, Fen décide d’aller chercher Moira dans l’antre londonien des Bulldogs. Mais les quelques jours de marche prévus (il n’y a pratiquement plus de carburant) se transforment en semaines puis en mois. Le long périple de Fen dans la grande banlieue dévastée renforcera ses certitudes, alors que Moira prisonnière se découvre un autre visage.

Car la grande erreur de Fen est de croire que les choses vont redevenir comme avant : « L’Angleterre dormait et faisait un cauchemar, et Fen avait hâte que sonne l’heure du réveil. »  Il n’aspire qu’au retour à la normale alors que le pays a définitivement tourné une page. C’est Moira qui le lui fera comprendre, Moira qui quand il la retrouvera ne sera plus jamais comme avant.

Pessimiste Lovegrove ? Certainement, et les piques contre un pays qu’il estime figé ne manquent pas. Cependant, comme dans Days, son livre précédent, l’humour tient une bonne place. Le malheureux Fen en est la cible et souvent la victime. Á mon avis, l’épisode le plus drôle est celui où, ayant sauté d’un train en marche, il est recueilli avec une jambe cassée dans une communauté d’adeptes de l’écrivain Jeremy Salter. Les disciples de ce grand homme ne vivent que par et pour lui, selon ses livres dont ils se sont fait une doctrine, et la publication de son prochain ouvrage sonnera, selon eux, le retour de la Grande Angleterre. La jambe attachée au-dessus de son lit, le malheureux Fen doit écouter des pages et des pages de Salter, jusqu’au jour où il découvre que l’auteur vit non loin de là. C’est très drôle parce que ces intégristes de la littérature vénèrent un type insipide qui écrit des livres sans intérêt et que la charge fait mouche contre tous les ayatollahs du livre et autres rhétoriciens du style.

Á travers les rencontres de Fen, Lovegrove construit une Angleterre d’après la catastrophe où les bombardements et les restrictions en tout genre sont de mise. Dans ce pays quasiment en guerre, il dessine des solutions, esquissent des avenirs possibles pour un pays à l’abandon. On pourra être frustré de ne pas en savoir plus sur les raisons du conflit, mais le propos de l’auteur est ailleurs que dans la politique. Lovegrove s’intéresse avant tout aux hommes et à l’histoire de ce couple qui vit une aventure. On reprochera donc peut-être à Lovegrove de ne pas donner les tenants et aboutissants de cette Angleterre alternative et de s’en tenir à un décor post apocalyptique (sans réelle apocalypse) pour toute explication.

Mais c’est une façon de chipoter car le récit du long périple de Fen à travers l’Angleterre dévastée est un très bon moment de lecture où Lovegrove confirme qu’il sait faire rire dans le tragique. Un auteur à surveiller décidément…

 

Royaume désuni (2003), James Lovegrove traduit de l’anglais par Nenad Savic, Bragelonne, mars 2008, 473 pages, 20 €

 

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : Livres
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Vendredi 25 avril 2008

Du 13 au 15 juin 2008 au château de Rambures (Somme) aura lieu le colloque international

 

Tolkien aujourd'hui

 


Pendant ces trois jours, spécialistes et chercheurs français et étrangers plancheront sur l'oeuvre de Tolkien. Quelques uns des sujets abordés : "Les Hobbits dans Le Seigneur des Anneaux" par Aurélie Brémont ;
"Le jeu de rôle et l'héritage de la Terre du Milieu" par Antoine Dauphragne ; "De l'hétéronomie radicale à l'homonomie relative : évolution et permanence de la figure des nains dans Le Légendaire" par Eric Fieller...

Rien que des universitaires et du sérieux ! Mais le colloque est ouvert à tous dans la limite des places disponibles.

Pour tout savoir, rendez-vous sur
le site de Fabula  

 

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : Manifestations
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Mercredi 23 avril 2008

Ce recueil de onze courtes nouvelles rassemble des textes ayant plus pour thème l'ailleurs que le passage proprement dit. Mais l'ailleurs en restant sur place, l'ailleurs dans sa tête, celui qui peut confiner à la folie.
Les protagonistes des nouvelles de Sylvie Huguet ne se satisfont pas de la médiocrité du monde. Pour échapper aux corps avachis, aux cités dortoirs, aux graffitis obscènes, certains ont la musique, d'autres la peinture. Toujours le rêve d'un ailleurs meilleur, comme cette femme de ménage fatiguée qui découvre qu'une toile ouvre "la porte d'un royaume qui lui était réservé depuis toujours" ou cet explorateur, narrateur de la nouvelle "Le sanctuaire", qui ne visite rien moins que le paradis terrestre. Francis Grenier, peintre animalier, n'est lui non plus pas à court de projet fou, lui qui cherche à capter l'essence des guépards.

Pris dans leurs rêves ou leur folie, Hélène, Francis ou Axelle peuvent supporter la vie : "elle marcha sans prendre garde aux trottoirs gras ni aux passants irréels, prit un métro bondé où elle supporta sans gêne et sans dégoût la pression et l'odeur des corps entassés contre le sien. Elle avait dérobé au peintre une bulle de bien-être fragile, où l'air avait le parfum des lys sous le fondu bleuté du ciel". Une façon détournée de reconstruire le quotidien grâce à l'art, mais souvent aussi grâce à la nature dans ce qu'elle a de plus sauvage et de plus libre : oiseaux, tigres, loups ou Vieille Forêt peuplée de dieux. Car comment s'échapper si ce n'est en empruntant des chemins imaginaires ? L'imaginaire traditionnel et littéraire d'une part, et un imaginaire personnel original dans lequel évoluent des solitaires un peu dingues qui doivent faire plier le quotidien pour supporter la vie. La mort est souvent pourtant au bout du chemin, au-delà du passage, où une autre forme de vie peut permettre enfin d'accomplir ses rêves.

Le passage et autres nouvelles, Sylvie Huguet, La Clef d'Argent (KholetkTh n°1), janvier 2008, 97 pages, 9 €

 

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : Livres
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Lundi 21 avril 2008

Bonjour à tous,
Mon site mesimaginaires.com a débuté le 6 janvier 2004. Bientôt, il ne sera plus présent sur le web, remplacé par ce blog. 480 notices ont été rapatriées entre le 8 et le 20 avril 2008 (merci Justine pour ton aide).
Je souhaite cette nouvelle formule plus attrayante et plus conviviale. Vous pouvez désormais laisser des commentaires. J'espère que les fidèles ne seront pas déçus et que les nouveaux seront nombreux !
Bienvenue à tous

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : Vie du blog
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Dimanche 20 avril 2008

Arthur est un garçon pas comme les autres. D'abord, il a une drôle de dégaine : bonnet-casque à antennes, long gilet de tricot en grosse corde, combinaison en toile à sac, les pieds emmaillotés de chiffons et de ficelle. En plus de ça, il vit sous terre avec son Bon-papa. On le cueille lors de l'une de ses sorties dans les rues de Pont-aux-Rats pour récupérer à manger. Mais seulement dans les grands lopins bien garnis : il ne s'agit pas de voler les pauvres…
Arthur surprend alors une chasse au fromage, totalement interdite. Poursuivi par l'infâme Grapnard, il parvient à se réfugier chez sir Willbury Chipott, ancien avocat, mais pas à garder ses ailes sur lesquelles le Baron du Fromage a fait main basse.
Willbury Chipott, ses bricoliaux et son choutrogne tentent d'aider Arthur à retourner en bas, chez Bon-papa, mais ils constatent que toutes les issues ont été bouchées : bizarre… Encore plus bizarre : quand ils vont demander de l'aide à Mélanie l'inventeuse, ils apprennent qu'elle s'est fait voler sa dernière invention révolutionnaire (une redimensionneuse mais ne le dites à personne car on ne l'apprend que plus tard). Tout ça sent vraiment le fromage, vraiment…
Même si vous n'avez plus dix ans depuis quelques temps déjà, il est bien possible que vous preniez du plaisir à lire les aventures d'Arthur. La ville créée par Alan Snow est vraiment très originale et inventive, de même que ses personnages hors du commun comme les bricoliaux ou les vaches aquatiques. Et tout ce beau monde est menacé par les plans machiavéliques de l'affreux Grapnard, jadis patron du Castel Fromager, revenu avec ses troupes pour se venger sur les habitants d'avoir tout perdu lorsque les fromages ont été jugés impropres à la consommation à cause de la pollution.
Tout ça ne manque en plus ni d'humour ni de dynamisme. Mais la cerise sur le gâteau, ce sont les illustrations de l'auteur lui-même qui rendent encore plus attachants tous ces personnages hauts en couleur. Le style me fait penser à Pef. Malheureusement, il n'y a pas d'illustrations disponibles sur le web et il va falloir que vous me croyiez sur parole : les dessins sont vraiment très drôles, dans le style naïf et hurluberlu, crayonnés en noir et blanc. Il y en a au moins un par page, c'est dire leur importance.
J'ai retrouvé ici le style inventif et poétique de Tobie Lolness sur le mode plus citadin d'un Oliver Twist. Très réjouissant (mais peut-être un peu cher…).


Les Chroniques de Pont-aux-Rats - 1 : au bonheur des monstres (2005), Alan Snow traduit de l'anglais par Rose-Marie Vassallo, Nathan, mars 2008, 544 pages, 19,50 €

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : Jeunesse
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Dimanche 20 avril 2008

Andreas Eschbach, Wolfgang Hohlbein et maintenant Wolfgang Jeschke : il semblerait qu'on puisse compter sur les éditions L'Atalante pour nous faire découvrir les littératures de l'Imaginaire outre-Rhin. Voyons ce que nous réserve ce Jeu de Cuse qui "a cumulé le prestigieux prix Kurd-Lasswitz et le prix allemand de science-fiction" nous dit la quatrième de couverture.
Nous sommes en 2052, alors que quelques années avant l'Europe a été victime d'une catastrophe nucléaire quasi fatale (explosion de 180 kilos de plutonium). Décès par milliers, désertification, disparition accélérée des espèces : l'agonie de la civilisation occidentale est en marche. L'Europe se meurt, à l'image de Rome, en état de putréfaction. Seule la loi du plus fort règne dans la ville éternelle où des factions violentes ont pris le pouvoir et où les fontaines ne crachent plus que du sable. Domenica Ligrini ne souhaite cependant pas quitter son quartier, sa ville, où demeurent encore des gens qu'elle aime. Pourtant, jeune botaniste de formation, elle n'a plus grand chose pour vivre si ce n'est l'espoir d'être engagée par une multinationale. Quand enfin le Vatican se souvient qu'elle a postulé pour le projet "Renaissance de la Création", elle n'hésite pas longtemps à se laisser questionner, tester, interroger, puis à partir vers des cieux moins ensoleillés.
Disons d'emblée que j'ai interrompu ma lecture page 350 et que je trouve que plein de bonnes idées ont été noyées par des digressions sans fin. L'auteur plante très bien le décor de Rome à l'agonie, Rome violente, Rome détruite et décadente, et cette magnifique description finalement ne sert à rien dans l'intrigue, si ce n'est à dessiner une ambiance sordide tout à fait convaincante. Mais notre héroïne piétine, et nous avec. Car très malheureusement, l'éditeur a fait figurer en couverture sous le titre "Ils cherchent dans le passé la clé de notre survie". Le lecteur sait donc très bien de quoi s'occupe le mystérieux envoyé du Vatican, alors que Domenica elle n'en sait rein. Sachant que le premier voyage dans le temps a lieu page 250, que la destination temporelle de la jeune botaniste n'est connue que page 347, moi, je craque. Vraiment, ce Wolfgang Jeschke a beau être un as de la description et de l'atmosphère, l'intrigue avance à reculons et je fatigue.
Pourtant, on a bien ça et là quelques bizarreries susceptibles de retenir l'attention, comme par exemple des retours sur le XVeme siècle, sur Nicolas de Cuse lui-même. Ce diplomate itinérant, puissant parmi les puissants de l'Eglise, s'interroge sur le procès en sorcellerie d'une femme dont il ignorait l'existence et qui lui écrivait des lettres. Très habile tour de passe-passe narratif, le même épisode nous est conté deux fois, selon que la femme en question (Domenica se doute-t-on, alors que l'on est à la page 67) a déjà été jugée ou non. Et puis ailleurs, en un autre temps, des hommes à dos de chameaux attendent près d'une frontière géographique et temporelle qui commence à la plaine du Pô…
De quoi émoustiller l'attention, mais pas assez pour la retenir tant tout le reste (la formation de Domenica, l'attente de Frans) s'étire à n'en plus finir. C'est bien dommage, je ne connaîtrai pas la fin de cette histoire, mais au moins 200 pages de trop !

 

Le jeu de Cuse (2005), Wolfgang Jeschke traduit de l'allemand par Christina Stange-Fayos, L'Atalante, février 2008, 636 pages, 24 €

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : Livres
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Dimanche 20 avril 2008

Natalie Lindstrom est un être humain exceptionnel : elle entre en communication avec les morts. La police l'utilise, elle et ses semblables, pour interroger les victimes de meurtre : il est ainsi aisé d'obtenir un portrait-robot. Comme les autres, Natalie n'a pas choisi de collaborer avec la police : c'est contrainte et forcée qu'elle travaille pour le gouvernement, afin d'éviter représailles et pressions exercées sur sa famille. Comme les autres Violets (ainsi appelés à cause de la couleur de leurs yeux), elle a été élevée dans une école spécialisée où elle a appris à vivre avec son "don".
Le roman commence quand la police s'inquiète de la mort violente de plusieurs Violets au cour des derniers mois. Ces professionnels de la communication avec les morts ont été assassinés et les autres doivent être placés sous protection policière afin d'assurer leur sécurité. Voilà Dan Atwater, agent du FBI, chargé de surveiller Natalie. Pourtant, malgré tous les efforts de la police, d'autres Violets sont encore tués et s'ils parviennent à entrer en contact avec leurs semblables après leur mort, c'est pour déclarer qu'ils n'ont rien vu : le serial killer est masqué et ne laisse aucune trace derrière lui.
Je n'attendais pas grand-chose de ce roman, écrit par un auteur que je ne connaissais pas et j'ai été vraiment très agréablement surprise. On a là un bon thriller teinté de fantastique, bien construit, avec un suspense qui se tient, une intrigue tout pareil et des personnages crédibles même si leur profondeur n'est pas abyssale. C'est même tant mieux, on ne s'y perd pas, et l'auteur a su faire court, donc efficace, c'est rare de nos jours. J'avais un peu l'impression de regarder un épisode d'une bonne série télé : dynamique, efficace, tout pour plaire dans le genre du polar surnaturel. Un bon moment de lecture si l'on n'est pas ultra sensible au dépeçage à grande échelle…

 

Natalie Lindstrom - 1 : regard violet (2004), Stephen Woodworth traduit de l'anglais (américain) par Arnaud Demaegd, Bragelonne (L'Ombre), janvier 2008, 305 pages, 20 €

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : Livres
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Dimanche 20 avril 2008

Je suis ce que l'on pourrait appeler une fan de Theodore Roszak. Depuis La conspiration des ténèbres, je me fais une fête d'ouvrir chacun de ses nouveaux livres et un grand plaisir de les lire. Il va donc me falloir trouver les mots exacts pour exprimer clairement ma perplexité devant celui-là. Il est vraiment particulier et si ce n'était pas Roszak, j'aurais arrêté avant la fin.
Julia Stein est gérontologue. Depuis des années, elle se bat pour allonger de quelques années, de quelques mois parfois, la vie de ses vieux patients. Un jour, elle se voit confier Aaron Lacey, atteint de progeria, maladie génétique rare dite du vieillissement prématuré. A neuf ans, Aaron a l'air d'un vieillard et n'a que quelques courtes années devant lui. Julia s'attache immédiatement à lui et décide de le stimuler intellectuellement pour combattre la dégénérescence de ses neurones. L'enfant tombe inopinément dans le coma et à son réveil, il est un autre homme. "Homme" est bien le mot qui convient car si Aaron conserve son corps d'enfant, son cerveau, ses connaissances et ses capacités intellectuelles font très rapidement de lui un être à part. Son physique n'est pas en reste car "il était loin d'être ordinaire. Il était devenu la perfection même, une véritable œuvre d'art". Une beauté inouïe à laquelle Julia Stein va succomber alors que l'âge légal d'Aaron est de onze ans. Surprise en pleine action par son propre fils, elle va être jugée pour pédophilie. De son côté Aaron, qui ne supporte plus que ses parents le traitent comme un enfant dont il a l'apparence, disparaît et trouve refuge chez Peter Deleon, charlatan richissime qui prône la méthode immortaliste de l'éternelle jeunesse.
La réflexion de Julia et d'Aaron sur la vieillesse, le temps, et la beauté passe par les mythes (Cronos, Adonis, Narcisse..) sans pour autant figer de réponse. On comprend que dans sa lutte contre le temps, Aaron n'est pas revenu en arrière mais qu'il est passé au-delà de la vieillesse pour devenir un homme nouveau, une sorte de plus qu'humain à la manière de Sturgeon. "Et si l'âge adulte n'était pas le stade ultime de la vie ? Comme considérerions-nous quelqu'un qui est allé au-delà de l'âge adulte pour accéder à un autre stade ?" Comme un dieu ou un monstre… Il est monstrueux à sa façon, d'une façon que personne ne peut comprendre, comme personne ne peut comprendre comment Julia a pu passer à l'acte sexuel avec lui. Même s'il "concentre l'amour comme l'or concentre la valeur", il est un mystère que je n'ai pas su franchir. Trop de choses m'ont mise mal à l'aise dans ce roman dès le début, et pour moi, même la fin n'a pas de sens. Je suis donc déçue bien sûr de ne pas avoir compris ce Roszak-là, d'être restée à côté d'une réflexion évidemment décalée mais réfléchie sur la vieillesse.


L'enfant de cristal (2007), Theodore Roszak traduit de l'anglais (américain) par Edith Ochs, Le Cherche Midi, février 2008, 527 pages, 22 €

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : Livres
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