Bienvenue

Ce blog remplace mon site Mesimaginaires.com qui après quatre ans d'existence a pris sa retraite. Avec ce blog, vous pouvez désormais réagir aux billets et chroniques en laissant vos commentaires.
En vous inscrivant à la newsletter, vous serez informé de chaque nouvel article mis en ligne.  

Mardi 3 juin 2008


Le samedi 7 juin 2008, à partir de 16 heures, la médiathèque de la Ferme du Buisson (réseau des médiathèques du Val Maubé à Marne-la-Vallée) accueillera Alain Damasio, auteur entre autres de La Horde du Contrevent (Grand Prix de l'Imaginaire 2006).

Après une présentation de ses livres et de son travail, l'auteur répondra aux questions du public. La rencontre sera suivie d'une vente-dédicaces.

Pour les renseignements c'est
ici

Médiathèque de la Ferme du Buisson - Allée de la Ferme - 77186 - Noisiel - 01 60 37 78 78

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : Manifestations
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Dimanche 1 juin 2008

10/18
Le passage de la nuit de Haruki Murakami (Réédition)

L'Archipel
Le guide magique du monde de Narnia de Virginie Michelet

L'Atalante
Le vieil homme et la guerre - 3 : la dernière colonie de John Scalzi
La flotte perdue de Jack Campbell
Zhongguo - 2  - la roue brisée de David Wingrove

Baam
L'assassin royal - 2 : l'assassin du roi de Robin Hobb (Réédition)

Bayard Jeunesse
Détectives du temps - 6 : l'incendiaire de Rome de Fabian Lenk

Le Bélial
La patrouille du temps - 3 : la rançon du temps de Poul Anderson
Mémoria de Laurent Geneford

Bragelonne
Les artefacts du pouvoir - 4 : dhiammara de Maggie Furey
Le conclave des ombres - 1 : serre de faucon argenté de Raymond Feist
La saga du sorceleur - 1 : le sang des elfes de Andrzej Sapkowski
La traque de l'ombre : préquelles aux Larmes d'Artamon de Sarah Ash
Les rats : l'intégrale de James Herbert (Réédition)
Le secret de Crikley Hall de James Herbert
Les orphelins de la terre - 1 : les envoyés de Shane Dix et Sean Williams
Le crépuscule des mondes de Michael G. Coney
TSF
La terre sauvage de Gilles Thomas et Julia Verlanger (Réédition)
Le crépuscule des mondes de Michael Coney (Réédition)
Milady
Le seigneur des Isle - 1 de David Drake
Les nains - 1 : le passage de Pierre de Markus Heitz
L'elfe noir - 1 : terre natale de Robert A. Salvatore (Réédition)
Les chroniques de Dragonlance - 1 : dragons d'un crépuscule d'automne de Margaret Weis et Tracy Hickman (Réédition)
Légende de David Gemmell (Réédition)
La trilogie d'Axis - 1 : tranchant d'acier de Sara Douglass (Réédition)
Le diable en gris de Graham Masterton (Réédition)
L'étoile de Pandore - 1 de Peter F. Hamilton (Réédition)
Indiana Jones et le péril à Delphes de Rob Mac Gregor
Indiana Jones et la danse des géants de Rob Mac Gregor

Le Calepin jaune
Et toujours le bruit de l'orage de Justine Niogret
Le crépuscule des loups, anthologie dirigée par Charlotte Bousquet

Denoël
Lunes d'encre
Kane - 2 de Karl Edward Wagner

Fleuve Noir
Voyageurs de Neal Asher
Le Royaume d'épines et d'os - 4 : la dernière reine de Greg Keyes
L'Empire des étoiles - 9 : le retour de Klark d'Alexis Aubenque

Gallimard
Folio SF

Emphyrio de Jack Vance (Réédition)
Les machines à bonheur de Ray Bardbury (Réédition)
Marée stellaire de David Brin (Réédition)

Gallimard Jeunesse
Les 7 clefs du pouvoir - 5 : vendredi maléfique de Garth Nix
Folio Cadet
Princesses, dragons et autres salades de Marie Vaudescal
Minuit sonne pour Charlie Bone de Jenny Nimmo (Réédition)
Folio Junior
Les maîtres des Brisants d'Erik L'Homme (Réédition en 1 volume)

Hachette Jeunesse
Vampirates - 3 : le capitaine sanguinaire de Justin Somper
Le maître des illusions - 1 : le rêve interdit de Brian Keaney

Intervista
Deuxième
Arthur et les minimoys - 1 de Luc Besson (Réédition)

J'ai Lu
Les enfants de Ji - 3 : la voix des aînés de Pierre Grimbert (Réédition)
Garrett détective privé - 1 : la belle aux bleus d'argent de Glen Cook (Réédition)
Graines d'immortels de Pierre Bordage (nouvelle édition revue par l'auteur)
Le cercle blanc - 2 : la danse des dieux de Nora Roberts
Mémoire volée de Marjorie M. Liu

Robert Laffont
Ailleur & Demain
Soleil chaud poisson des profondeurs de Michel Jeury (Réédition)

Michel Lafon
Amos Daragon 5 & 6 : la tour d'El-Bab de Bryan Perro

Librairie Générale Française
Le Livre de Poche
Le papillon des étoiles de Bernard Werber (Réédition)
Tu as beaucoup changé, Alison de Peter Straub (Réédition)
Les ancêtres d'Avalon de Marion Zimmer Bradley (Réédition)
Les guerriers de l'éternité - 1 : le dernier gardien des rêves de John Wright (Réédition)
Crépuscule d'acier de Charles Stross (Réédition)

Milan
Terre des monstres - 1 : l'enfant trouvé de D.M. Cornish

Mnémos
Les quatre mousquetaires et plus si affinités de Michel Robert
Requiem pour elfe noir de John Gregan
Sacrifice du guerrier - 1 de Jacques Martel

Nathan
Les maléfices d'Halequin - 1 : l'oeil de Bézoard de Marc Cantin (Réédition)
L'oeil du milieu - 6 : le souffle des pierres de Patrick Delperdange

Octobre
Le donjon de Naheulbeuk : la couette de l'oubli de John Lang

Plon
Chroniques de Lindormyn - 1 : le vagabond du Grand Nord de David Bilsborough
Le violon de Hitler de Igal Shamir

Plon Jeunesse
La reine des Amazones et les rebelles de Qinghaï de Pascal Coatanlem

Pocket
L'agent des ombres - 1 : l'ange du chaos de Michel Robert (Réédition)
Les chroniques de Thomas Covenant - 2 : la retraite maudite de Stephen Donaldson (Réédition)
Un monde sans elfes de Jean-Louis Sévilla (Réédition)
L'écorcheur de Neal Asher (Réédition)

Pocket Jeunesse
L'alchimiste - 1 : les secrets de l'immortel Nicolas Flamel de Michael Scott
Amos Daragon - 3 : le crépuscule des dieux de Bryan Perro (Réédition)
Amos Daragon - 4 : la malédiction de Freyja de Bryan Perro (Réédition)
Voyage extraordinaire au royaume des 7 tours d'Arthur Ténor (Réédition)
Les gardiens de Ga'Hoole - 6 : l'incendie de Kathryn Lasky
Le monde de Droon - 9 : la tour du roi des elfes de Tony Abbott

Pygmalion
Le chevalier errant ; L'épée Lige : préludes au Trône de Fer de George Martin (Réédition)
(Précisions : ces deux textes se trouvent déjà dans les recueils Légendes de la Fantasy de Silverberg !)
L'arche des ombres - 3 de Robin Hobb

Rageot
Clairvoyante - 1 : la morsure du dragon de Lene Kaaberbol

Le Rocher Jeunesse
N°6 - 3 de Atsuko Asano

Terre de Brume
Ignis de Didier de Chousy

Trois Souhaits
Le petit guide à trimballer de l'Imaginaire français, ouvrage collectif
Cette crédille qui nous ronge de Roland C. Wagner

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : Parutions du mois
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 29 mai 2008

Après avoir mis ses pas dans ceux de Sherlock Holmes, Andrew Singleton s'apprête à suivre les traces de Gérard de Nerval. Après le spiritisme du Fantôme de Baker Street, c'est le surréalisme et les arcanes du rêve en général qui servent de cadre à la nouvelle enquête du plus british des Canadiens. Profitant d'une période creuse, le jeune détective traverse la Manche pour tenter de résoudre ce qui est pour lui un mystère : ma mort du Desdichado, retrouvé pendu rue de la Vieille Lanterne à Paris en janvier 1855, c'est-à-dire plus de soixante-dix ans auparavant.

Mais voilà qu'il rencontre une très étrange jeune fille sur le bateau avec laquelle il partage un rêve aussi merveilleux qu'énigmatique. Arrivé à Paris, il rencontre une vieille connaissance, le commissaire Fourrier, qui lui soumet l'affaire qui le préoccupe : deux hommes ont été découverts morts de peur à très court intervalle. Tous deux s'intéressaient de près au sommeil et aux incidences du rêve dans la vie psychique. Bientôt rejoint par son ami James Trelawney, Singleton s'associe à un jeune journaliste français, Jacques Lacroix qui ne tarde pas à l'introduire dans les cercles littéraires parisiens alors à la mode : ceux des surréalistes. Pour un littéraire comme Singleton, quelle chance de côtoyer André Breton en personne, et même de lui sauver la vie !

Même si cette seconde aventure peut se lire indépendamment, on retrouve la même ambiance très littéraire que dans le premier volet de cette série policière et fantastique de Fabrice Bourland. Je préfère celle se déroulant à Londres, mais celle-ci ne manque pas de charme non plus. L'auteur s'amuse à reconstituer les cercles surréalistes des années 30, leurs réunions, leurs convictions littéraires si novatrices. C'est encore cette ambiance littéraire très travaillée qui fait le réel intérêt de ce second opus car l'enquête elle-même n'est pas complètement convaincante à mes yeux. Très très classique, avec ses courses poursuites, ses inspecteurs bien intentionnés mais lourdauds, ses subjonctifs imparfaits si scrupuleusement accordés aux passés simples... c'est suranné jusque dans le style.

Et puis, je trouve tout de même étrange qu'un Américain et un Canadien soient si parfaitement à l'aise avec la langue française qu'il ne soit jamais fait allusion à aucun problème de langue. Aussi surprenant que dans le « fatras de ses lectures », Singleton se souvienne d'un passage de Lucrèce dans De Nature Rerum qui va quasi lui donner la clé du mystère : quelle mémoire et quelle culture !

Fabrice Bourland confirme sa connaissance de la littérature et des milieux littéraires du début du XXème siècle et nous propose une lecture agréable, mais non inoubliable, grâce à une énigme qui aurait mérité de s'éloigner de ses modèles .

 

Les portes du sommeil, Fabrice Bourland, 10/18 (Grands détectives n°4091), janvier 2008, 250 pages, 7 €

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : Livres
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Lundi 26 mai 2008

Après Dan Simmons et son Illium, c'est au tour du Britannique David Gemmell de revisiter la guerre de Troie. Ce premier tome est une (longue) mise en place des personnages que nous connaissons tous mais vus sous un autre angle, plus quotidien qu'héroïque parfois, au sens où nous les côtoyons dans les replis de l'Histoire.

Le vrai héros s'appelle ici Hélicon, jeune, beau, fort, honnête, droit dans ses sandales (rien à voir avec Boby Lapointe !). Mais forcement, il a un lourd passé derrière son masque imperturbable. Il est en fait le fils d'Anchise et son vrai nom est Énée mais il ne veut pas qu'on l'appelle comme ça parce que ça lui rappelle sa maman qui est morte tragiquement à cause de son père qu'est vraiment qu'un salaud. Oui d'accord, c'est un résumé un peu simpliste, mais il y a de ça. Le vaillant Énée a renoncé à son trône et à son nom pour partir se forger le caractère avec Ulysse, mais il a fâché Agamemnon qui veut sa mort et envoie des tueurs à ses trousses. Pas un chapitre sans qu'il échappe à une tentative d'assassinat. Mais comme le roi de Mycènes fait exprès de lui envoyer rien que des bras cassés, il s'en sort toujours ! Tenez, prenez par exemple Argurios, il aurait fait un bon assassin, jeune, malin, haineux. Mais le voilà pris dans une histoire d'honneur et de principes qui ne font qu'attiser sa haine et reculer sa vengeance. Une autre qui rumine c'est Andromaque, promise à Hector fils du vieil arrogant et libidineux Priam. Ça c'est une femme qui ne s'en laisse pas compter, elle a du caractère, même si on sent venir les histoires d'amour à gros sabots.

Pour moi, Gemmell reste convaincant dans ses scènes de batailles, sur mer ou sur terre, dans les combats, mais tout ce qui relève des personnages me semble toujours très succinct et prévisible. Je trouve toujours ses héros trop chargés et cette impression est encore accentuée par le fait qu'il s'agit de figures déjà connues. Je n'arrive pas à croire à ce brave Ulysse, confident de tous, moche et compréhensif, qui manierait la psychologie comme d'autres la truelle.

On reconnaîtra cependant que Gemmell sait insuffler à son récit le souffle épique dont un mythe d'une telle ampleur a besoin. Le destin, la haine, la vengeance, le sort de milliers d'âmes et bien sûr l'amou-ou-ou-r : tout est là quand on veut bien se laisser emporter. Mais il va falloir être patient car la guerre de Troie n'est pas pour demain, vu que Ménélas et Hélène ne sont pas encore mariés et que Pâris est enfermé dans sa bibliothèque (non, non, il ne folâtre pas avec les déesses !).

Je retrouve donc dans ce nouveau cycle très mythologique et pas du tout fantasy (pas de magie), les mêmes défauts et qualités qu'au cycle mythologique précédent du Lion de Macédoine où Gemmell mettait en scène Alexandre le Grand. Toujours le même procédé : approcher les héros mythiques connus par des personnages de son cru qui gagnent leurs lettres de noblesse à leurs côtés. Et on comprend pourquoi ce terreau antique plaisait tant à cet écrivain qui y trouvait le matériau nécessaire à ses récits grandioses : héros tourmentés, destins inéluctablement enchevêtrés aux fils de l'Histoire, haines recuites et soifs de vengeance. Tout pour faire de l'épique, du musclé... du Gemmell.

Les fans ne seront donc pas déçus, les autres...

Troie / 1 : le seigneur de l'arc d'argent, David Gemmell traduit de l'anglais par Rosalie Guillaume, Bragelonne, février 2008, 447 pages, 28 € (pour l'édition reliée)
A noter que la page d'entête porte la mention "traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Rosalie Guillaume" !!

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : Livres
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Jeudi 22 mai 2008

Jové vient d’arriver sur la planète Maya, chez Trree qui serait son grand-oncle d’origine indienne. Le jeune homme est employé par AgroCorp, comme quasi toute la population de la planète, qui fait pousser du maïs transgénique. Trree, « un marginal exilé de Terre depuis plus de cinquante ans », est quant à lui, tourné vers la nature et à l’écoute de celle de Maya. Il a donc compris qu’une des créatures extraterrestres présentes sur son sol est douée d’intelligence : les Suris, que les imbéciles d’AgroCorp prennent pour de vulgaires serpents, sont « une espèce émergente. Ils ont un début de langage, ils font des peintures de sable, ils connaissent le feu, ils ont même un ensemble de rituels religieux fondés sur le culte solaire. » Grâce au vieux Trree, Jové va peu à peu prendre conscience de l’intelligence des Suris et le moment venu, il tentera de les sauver des manipulations mortelles des ingénieurs inconscients.

On retrouve dans ce roman le schéma classique du jeune qui débarque avec ses idées sur tout et prend les conseils du vieux sage pour de vains radotages. Résultat : le vieux a raison et le jeune homme va devoir se démener pour sauver la planète. Avec une petite histoire d’amour très chaste, quelques descriptions dont on se demande ce qu’elles font dans un cinquième roman (« cette chevelure magnifique roulait sur ses bras nus et auréolait de lumière un visage qui rayonnait de grâce et d’intelligence », « La lumière dorée ruissela sur elle, inondant sa couronne de cheveux. Toutes ses mèches s’illuminèrent de multiples reflets, au point qu’elles se mirent à rayonner ») et une intrigue qui peine à démarrer : ce premier roman de la collection Soon ne fait pas partie de ce que j’ai lu de meilleur. L’intrigue prend vraiment forme au-delà de la centième page, quand Jové découvre que le maïs d’AgroCorp est mortel pour les créatures autochtones. Il me semble par ailleurs que certains fils narratifs esquissés ne sont pas tissés, comme la mort de la mère de Jové, décédée alors qu’elle travaillait dans les labos d’AgroCorp (et alors ?).

Les intentions de l’auteur sont claires : sensibiliser les jeunes lecteurs au problème de l’alimentation génétiquement modifiée, tout en soulignant le droit à la différence et le respect d’autrui. Le tout dans une préoccupation écologique évidente. Elle privilégie une approche plus poétique qui donne à son texte une certaine lenteur, voire une lenteur certaine, qui confine au sur place. Les jeunes gens sont des personnages assez classiques, seul le vieux Trree acquiert au fil des pages une originalité due à son attachement à la culture indienne.

J’ai donc été déçue mais je garde toujours présent à l’esprit dans ces cas-là que je n’ai pas l’âge requis pour ce genre de lectures et vous invite donc à consulter l’avis d’une lectrice de quinze ans ainsi que celui de Michael Espinosa qui n'a certes plus quinze ans mais que cette lecture a plus enthousiasmé que moi.

 

Apocalypse Maya, Frédérique Lorient, Syros (Soon n°1), mai 2008, 249 pages, 14,50 €

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : Jeunesse
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Mardi 20 mai 2008

La 7ème édition des Imaginales d'Epinal aura lieu du 22 au 25 mai 2008 : "Quatre jours pour venir à la rencontre de dizaines d’écrivains et d’artistes. Un festival où chacun est disponible et où règne la plus grande convivialité !"

Dédié à la fantasy et au roman historique, ce festival accueille un grand nombre d'invités venus du monde entier. La liste est impressionnante et consultable sur le site, mais sachez que vous pourrez y rencontrer Robin Hobb (presque une habituée !), Sean Russell et Tad Wiliams pour ne citer que les grands étrangers.
Si vous ne causez que le français, vous pourrez toujours assister et participer à quelques cafés littéraires ("Ecrire du fantastique", "Ecrire pour les adolescents", "Pour patrie, l'espace", par exemple). Des conférences-débats, des tables rondes, du cinéma... tout pour être heureux pendant quatre jours. Et de quoi patienter jusqu'au festival de Vendôme

Rendez-vous sur le
site des Imaginales pour tout savoir

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : Manifestations
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Dimanche 18 mai 2008

Imaginez Florence au début du XVIème siècle : les Médicis, l'effervescence artistique, Michel-Ange, Raphaël... sauf que Paul J. McAuley s'offrant une petite uchronie, la Toscane, l'Italie et l'Europe en général ne sont pas exactement ceux que l'on connaît grâce à nos livres d'histoire. Les artificiers forment en effet une caste particulièrement développée, représentée à Florence par le premier d'entre eux, le Grand Ingénieur. Sachez par exemple, que « grâce aux sous-marins du Grand Ingénieur, les Florentins ont coulé la flotte espagnole qui s'apprêtait à envahir l'empire aztèque. » La face de l'Amérique s'en est trouvée changée, c'est évident, c'est uchronique. A une moindre échelle, ces inventions vont servir les intrigues qui se trament en nombre à Florence au moment où arrive Raphaël, envoyé du pape Léon X, protecteur des artistes. L'artiste est en conflit permanent avec son rival Michel-Ange qui l'accuse de lui avoir volé ses idées. Cette rivalité artistique pourrait rester sans conséquence si l'un des aides de Raphaël ne venait à être assassiné la veille de l'arrivée du pape. Un autre l'est également au cours d'un échange avec un sorcier notoire qu'il essaie de faire chanter. Puis Raphaël lui-même...

Pasquale, jeune peintre de dix-huit ans, est pris bien malgré lui dans ces querelles qui rapidement prennent l'allure d'un complot ésotérique aux enjeux complexes. Aidé par le journaliste Niccolo Machiavel (qui fait figure de Guillaume de Baskerville dans Le nom de la rose comme le souligne la quatrième de couverture), le jeune apprenti affronte mages noirs et savonarolistes, tortures et humiliations.

L'identité du Grand Ingénieur est rapidement évidente : les grandes et petites inventions qui ont permis à la république marchande de Florence de tenir tête aux Espagnols sont nées du génie de Léonard de Vinci qui contrairement à ce que l'on a toujours cru, a réussi à les faire fonctionner à grande échelle. Mais l'invention qui va faire courir au jeune Pasquale maints dangers n'est autre que l'ancêtre de notre appareil photo qui bouleverse les peintres italiens dont les pinceaux font pâle figure face aux plaques de verre qui fixent les images réelles. Peut-être signe-t-il la mort d'un art, ou l'apparition d'une nouvelle expression artistique ? Pasquale, malgré le rythme effréné et les dangers de son enquête n'en perd pas moins de vue son but : dessiner un ange. Le jeune artiste tente de capter l'essence même de ce visage, de ce sourire et sa quête artistique sert de fil conducteur secondaire, parallèle à l'enquête policière. Grâce au regard de Pasquale, le lecteur garde donc toujours l'oeil ouvert sur la Florence artistique, son architecture, ses églises superbement décrites, mais aussi son ambiance de tripots et ses ruelles obscures, si dangereuses la nuit. Je ne cache pas que j'ai dû ouvrir plusieurs fois mon dictionnaire pour remettre à l'heure mes pendules sur les Médicis, Savonarole et la situation politique réelle de Florence à l'époque. Car il me semble qu'une uchronie ne peut être pleinement appréciée que si le contexte historique est connu. Mais il n'est pas interdit de se laisser prendre à la seule intrigue policière et de s'amuser à imaginer ces maîtres italiens fumant un joint de marijuana affalés sur des canapés. Cette intrigue extrêmement touffue et parfois complexe requiert cependant toute l'attention du lecteur s'il ne veut pas se noyer dans les complots.

Les amateurs d'uchronie ne pourront être déçus par la reconstitution historique et l'imagination dont fait preuve McAuley : la Renaissance italienne telle qu'elle aurait pu être si...

 

Les conjurés de Florence (1996), suivi de La tentation du Dr Stein (1996), Paul J. McAuley, traduit de l'anglais par Olivier Deparis et Marie-Catherine Caillava, Gallimard (Folio SF n°194), novembre 2004, 493 pages, 7,30 €

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : Livres
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Vendredi 16 mai 2008

Le prix Jacques-Brossard, qui succède au Grand Prix de la science-fiction et du fantastique québécois, consacre la meilleure production de l’année destinée aux adultes.

Il a été décerné le 10 mai dernier à Joël Champetier pour son roman de fantasy, Le Voleur des steppes (éditions Alire) qui approfondit l’univers de Contremont mis en place dans Les Sources de la magie (Bragelonne, 2005). La remise du prix a eu lieu dans le cadre du congrès Boréal qui réunit chaque année les amateurs de science-fiction et de fantastique et les professionnels du milieu - écrivains, éditeurs et critiques littéraires.

Les autres candidats en lice étaient : Francine Pelletier pour Si l'oiseau meurt et Elisabeth Vonarburg pour son roman La Maison d'équité, cinquième tome du cycle Reine de mémoire et pour ses trois nouvelles : Pas de deux  (publiée dans la revue Solaris n°163), La Voix qui chantait le cœur du monde (Jazzosphère) et Les Invisibles (Khimaira n°11).

Pour lire le premier chapitre du Voleur des steppes, c’est ici

Et le site du prix

 

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : News
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 14 mai 2008

Eh bien voilà, c'est fait : j'ai la plus belle bannière du monde et je la dois à Spooky que je remercie vraiment beaucoup. Merci aussi aux éditions Bragelonne de m'avoir autorisée à utiliser la superbe couverture de Vampyrrhic de Simon Clark.

Merci Spooky, qu'on trouve
ici et ici

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : Vie du blog
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Mardi 13 mai 2008

Enterrée la pétasse du XVIème : pour son troisième roman, Lolita Pille délaisse le ton ado (elle a vingt-cinq ans) pour un narrateur omniscient et le sexe à tous les étages pour un roman d'anticipation très pessimiste (y en a-t-il des gais ?) : une dystopie. Sans remonter les décennies, ni invoquer les classiques (Huxley, Orwell...) force est de constater que ce genre particulier de science-fiction (soft) plaît aux auteurs français : Céline Curiol, Céline Minard (beurk), Antoine Bello, Elise Fontenaille... : ils sont nombreux à choisir d'analyser notre société actuelle en la projetant dans un futur très proche et d'autant plus inquiétant. Que nous apporte donc ce Crépuscule Ville ?

 

Le héros, Syd Paradine, est le type même du flic revenu de tout, cher aux romanciers et cinéma américains, que l'on dit là-bas hard boiled et qui est un dur à cuire, pas de doute : alcoolique, violent, en survie. Avant d'être flic, il a exercé toutes sortes de petits boulots dont punching-ball : « les salles de boxe rouvraient de nuit pour un jeu rénové qui attirait une foule de parieurs. Il fallait défier quelques gars et monter sur le ring. Les gars vous explosaient la gueule et il ne fallait surtout pas riposter. C'était une question de maîtrise. Il fallait tenir debout le plus longtemps possible. » Alors si Syd déteste son boulot de flic,  c'est quand même plus reposant. Quoique... Suite au Grand Black-Out (coupure générale d'électricité) qui coupe les écrans, la Ville ne peut contenir une vague de suicides. C'est bien dommage pour Syd qui justement travaille au S.P.S., Service de Protection contre Soi-même, et plus particulièrement à la Préventive-Suicide. Encore pire, Shadow Smith, héros national pour avoir rétabli le courant, est retrouvé mort : il aurait avalé sa langue. Syd décide de comprendre pourquoi et d'arracher sa soeur, Blue Smith, au déclin de la Ville qui subit une vague d'attentats tous plus meurtriers les uns que les autres.


J'ai vraiment été très agréablement surprise par ce roman. Je m'attendais à quelque chose de plus agressif et de plus simpliste, mais l'heure du scandale est semble-t-il passée, et l'écriture assagie ne se contente pas d'aboyer et de provoquer. Elle n'en est pas moins dénonciatrice, mordante et pertinente. En plus des références de polars noirs, j'ai beaucoup pensé au Furet d'Andrevon en lisant, ce type de flic dans une ville totalitaire en perdition, qui a encore quelques certitudes mais surtout beaucoup de désillusions. Alors bien sûr, on retrouve dans ce roman beaucoup des éléments incontournables du genre : surconsommation, hypermédiatisation, jeunisme, drogue, sexe, violence... Une nature dévastée, un service de répression efficace (« Quand le S.P.I. décrétait que deux et deux faisait cinq, deux et deux faisait cinq et point barre. ») et un flicage systématique des individus grâce au S.P.S. qui compte cinq sections dont la Préventive Routière qui peut vous adresser le message suivant alors que vous souhaitez vous installer au volant : « selon nos informations, vous avez consommé un litre huit d'alcool, il nous est impossible de vous laisser le volant. Votre temps de dégrisement est estimé à trente-six heures. Nous rouvrirons nos portes demain soir, à vingt-deux heures précises. Merci d'avoir choisi Volkswagen, partenaire officiel de la Préventive-Routière. »

Bref, « Avec Clair-Monde, votre bonheur n'est plus une utopie. »

La demoiselle ne manque pas non plus d'humour... Alors si elle ne réinvente pas l'eau chaude, elle nous offre un polar intéressant grâce à une écriture nerveuse et musclée qui sait changer de registres, tour à tour percutante, dénonciatrice et émouvante. « Musclée » est certainement un adjectif inapproprié mais il essaie de traduire l'impression d'une écriture masculine et d'un personnage très cohérent et humain que l'on a plus souvent l'habitude de rencontrer sous une plume masculine. Un héros qui tient la route pour une intrigue qui s'éternise un peu sur la fin mais les tourments de Syd Paradine gagnent à être partagés tant ce looser emporte l'adhésion. De même que l'écriture, maîtrisée et efficace.

Mais je cause, je cause, alors que l'auteur, très modeste, parle bien mieux que moi, bien sûr, de son roman.




Crépuscule Ville, Lolita Pille, Grasset, mai 2008, 382 pages, 20,50 €
par Sandrine Brugot Maillard publié dans : Livres
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander

Présentation

  • : Mes Imaginaires
  • mesimaginaires
  • : fantastique fantasy science-fiction livres
  • : Bibliothécaire, chroniqueuse littéraire, formatrice et organisatrice de manifestations autour des littératures de l'Imaginaire, je vous souhaite de trouver sur ce blog ce que vous cherchez. Pour me contacter, cliquez sur le lien "Contact" tout en bas de cette page

Catégories

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus