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Vendredi 16 mai 2008

Le prix Jacques-Brossard, qui succède au Grand Prix de la science-fiction et du fantastique québécois, consacre la meilleure production de l’année destinée aux adultes.

Il a été décerné le 10 mai dernier à Joël Champetier pour son roman de fantasy, Le Voleur des steppes (éditions Alire) qui approfondit l’univers de Contremont mis en place dans Les Sources de la magie (Bragelonne, 2005). La remise du prix a eu lieu dans le cadre du congrès Boréal qui réunit chaque année les amateurs de science-fiction et de fantastique et les professionnels du milieu - écrivains, éditeurs et critiques littéraires.

Les autres candidats en lice étaient : Francine Pelletier pour Si l'oiseau meurt et Elisabeth Vonarburg pour son roman La Maison d'équité, cinquième tome du cycle Reine de mémoire et pour ses trois nouvelles : Pas de deux  (publiée dans la revue Solaris n°163), La Voix qui chantait le cœur du monde (Jazzosphère) et Les Invisibles (Khimaira n°11).

Pour lire le premier chapitre du Voleur des steppes, c’est ici

Et le site du prix

 

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : News
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Mercredi 14 mai 2008

Eh bien voilà, c'est fait : j'ai la plus belle bannière du monde et je la dois à Spooky que je remercie vraiment beaucoup. Merci aussi aux éditions Bragelonne de m'avoir autorisée à utiliser la superbe couverture de Vampyrrhic de Simon Clark.

Merci Spooky, qu'on trouve
ici et ici

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : Vie du blog
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Mardi 13 mai 2008

Enterrée la pétasse du XVIème : pour son troisième roman, Lolita Pille délaisse le ton ado (elle a vingt-cinq ans) pour un narrateur omniscient et le sexe à tous les étages pour un roman d'anticipation très pessimiste (y en a-t-il des gais ?) : une dystopie. Sans remonter les décennies, ni invoquer les classiques (Huxley, Orwell...) force est de constater que ce genre particulier de science-fiction (soft) plaît aux auteurs français : Céline Curiol, Céline Minard (beurk), Antoine Bello, Elise Fontenaille... : ils sont nombreux à choisir d'analyser notre société actuelle en la projetant dans un futur très proche et d'autant plus inquiétant. Que nous apporte donc ce Crépuscule Ville ?

 

Le héros, Syd Paradine, est le type même du flic revenu de tout, cher aux romanciers et cinéma américains, que l'on dit là-bas hard boiled et qui est un dur à cuire, pas de doute : alcoolique, violent, en survie. Avant d'être flic, il a exercé toutes sortes de petits boulots dont punching-ball : « les salles de boxe rouvraient de nuit pour un jeu rénové qui attirait une foule de parieurs. Il fallait défier quelques gars et monter sur le ring. Les gars vous explosaient la gueule et il ne fallait surtout pas riposter. C'était une question de maîtrise. Il fallait tenir debout le plus longtemps possible. » Alors si Syd déteste son boulot de flic,  c'est quand même plus reposant. Quoique... Suite au Grand Black-Out (coupure générale d'électricité) qui coupe les écrans, la Ville ne peut contenir une vague de suicides. C'est bien dommage pour Syd qui justement travaille au S.P.S., Service de Protection contre Soi-même, et plus particulièrement à la Préventive-Suicide. Encore pire, Shadow Smith, héros national pour avoir rétabli le courant, est retrouvé mort : il aurait avalé sa langue. Syd décide de comprendre pourquoi et d'arracher sa soeur, Blue Smith, au déclin de la Ville qui subit une vague d'attentats tous plus meurtriers les uns que les autres.


J'ai vraiment été très agréablement surprise par ce roman. Je m'attendais à quelque chose de plus agressif et de plus simpliste, mais l'heure du scandale est semble-t-il passée, et l'écriture assagie ne se contente pas d'aboyer et de provoquer. Elle n'en est pas moins dénonciatrice, mordante et pertinente. En plus des références de polars noirs, j'ai beaucoup pensé au Furet d'Andrevon en lisant, ce type de flic dans une ville totalitaire en perdition, qui a encore quelques certitudes mais surtout beaucoup de désillusions. Alors bien sûr, on retrouve dans ce roman beaucoup des éléments incontournables du genre : surconsommation, hypermédiatisation, jeunisme, drogue, sexe, violence... Une nature dévastée, un service de répression efficace (« Quand le S.P.I. décrétait que deux et deux faisait cinq, deux et deux faisait cinq et point barre. ») et un flicage systématique des individus grâce au S.P.S. qui compte cinq sections dont la Préventive Routière qui peut vous adresser le message suivant alors que vous souhaitez vous installer au volant : « selon nos informations, vous avez consommé un litre huit d'alcool, il nous est impossible de vous laisser le volant. Votre temps de dégrisement est estimé à trente-six heures. Nous rouvrirons nos portes demain soir, à vingt-deux heures précises. Merci d'avoir choisi Volkswagen, partenaire officiel de la Préventive-Routière. »

Bref, « Avec Clair-Monde, votre bonheur n'est plus une utopie. »

La demoiselle ne manque pas non plus d'humour... Alors si elle ne réinvente pas l'eau chaude, elle nous offre un polar intéressant grâce à une écriture nerveuse et musclée qui sait changer de registres, tour à tour percutante, dénonciatrice et émouvante. « Musclée » est certainement un adjectif inapproprié mais il essaie de traduire l'impression d'une écriture masculine et d'un personnage très cohérent et humain que l'on a plus souvent l'habitude de rencontrer sous une plume masculine. Un héros qui tient la route pour une intrigue qui s'éternise un peu sur la fin mais les tourments de Syd Paradine gagnent à être partagés tant ce looser emporte l'adhésion. De même que l'écriture, maîtrisée et efficace.

Mais je cause, je cause, alors que l'auteur, très modeste, parle bien mieux que moi, bien sûr, de son roman.




Crépuscule Ville, Lolita Pille, Grasset, mai 2008, 382 pages, 20,50 €
par Sandrine Brugot Maillard publié dans : Livres
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Lundi 12 mai 2008

J’aime bien lire des premiers romans. Encore plus des premiers romans d’anticipation publiés chez des éditeurs non spécialisés comme c’est le cas ici. Je me dis que les auteurs ont passé du temps, ont peaufiné leur truc pour donner le meilleur de leur imagination et de leur savoir-faire. C’est excitant, je trouve.

 

Après quinze ans d’études acharnées, Guillaume Beaumont a brillamment réussi le concours d’inspecteur d’INGEN (INternational GENetic agency) dont la devise est : « Servir et protéger la pureté de la race humaine ». Cet organisme se présente, aux yeux du nouveau lauréat comme le « dernier rempart contre la barbarie des manipulations génétiques incontrôlées ». C’est que quelques décennies plus tôt, l’humanité a eu chaud lors du jeudi noir de Cold Spring qui a anéanti toute la population de l’Amérique du Nord (trois cents millions de morts) suite à la propagation fulgurante d’un virus mutant. Mais bien sûr, rien n’est aussi simple qu’il n’y paraît et notre jeune héros découvre bientôt qu’une certaine partie de la population est interdite de reproduction pour cause d’anomalie génétique et marquée au fer rouge. Il ne tarde pas à comprendre (ou en fait si, il tarde un peu…) qu’INGEN prône le « génétiquement correct » et qu’en son sein le consensus n’est pas à l’ordre du jour. Et voilà qu’un secrétaire permanent se fait assassiner, puis un autre, puis un troisième… et que la mise en scène de leur mort correspond à l’accomplissement de L’Apocalypse de saint Jean. S’ensuivent Teilhard de Chardin, la prophétie de Malachie, les Rosicruciens… Bref, l’ésotérisme se mêle à l’orthodoxie darwinienne déjà considérablement remise en cause par certains secrétaires permanents d’INGEN.

Ce livre étant un thriller, il ne s’agit pas d’en dévoiler trop. Je me contenterai de vous donner mon avis, mitigé. D’un point de vue scientifique, Gilles Haumont a sans nul doute fait le tour de la question. Il crée un thriller génétique sur des bases solides qu’il prend la peine d’expliciter clairement. Les dérives qu’il envisage sont donc plausibles et soutenues par les plus grands, car l’auteur connaît ses classiques et cite Simak et Greg Keyes. Mais enfin faut-il applaudir ou trembler devant ces extrémistes qui déclarent : « L’homme est un consternant échec de l’évolution. Son habileté manuelle l’a conduit à construire une aberrante civilisation technologique qui l’a éloigné de la nature au milieu de laquelle il est devenu un étranger et qu’il détruit jour après jour. L’homme est un accident de parcours qu’il faut éliminer d’urgence… » Les plus nihilistes applaudiront…

Je suis plus réservée sur le personnage principal. Quand il arrive, frais émoulu de sa super école où il a mené une vie monastique, on lui pardonne d’être aussi naïf. Mais le temps et les épreuves aidant, il n’apprend rien et sa naïveté devient bêtise. Il déclare encore page 268 : « J’adhère pleinement à l’idéal d’INGENJe suis fier de protéger ce trésor qu’est le code génétique humain contre les spéculateurs et les illuminés ». A côté de ça, il comprend certaines choses de manière tout à fait fulgurante : il ne comprend pas ? Pas de problème : « laissant dériver mon esprit, je m’imaginais être l’auteur de cette histoire sans queue ni tête. A ma profonde stupéfaction, la solution m’apparut presque immédiatement. Ça marche aussi avec la racine carrée de 678 453 260 ? Que dire du code qu’il est le seul à avoir deviné et de l’énigme résolue grâce à Tintin ? Guillaume Beaumont a une mentalité de boy-scout qui tourne au ridicule dans ses rapports avec les femmes. Car bien sûr, comme il est jeune, beau, hyper intelligent et bien placé, les femmes lui tombent dans les bras, se déshabillent devant lui, puis le laissent en carafe sans que cela ne provoque la moindre réaction. Allumé par des demoiselles sans vergogne, il ne s’enflamme jamais, ou presque, mais on n’en saura rien !

Si j’ai trouvé l’intrigue intéressante, le personnage principal ne m’a pas semblé à la hauteur du propos. Propre sur lui, bon élève, il manque de profondeur, d’humanité et de réalisme. Peu crédibles, ses gesticulations et réflexions entachent l’intérêt que l’on pourrait porter à un roman scientifiquement dense et pourtant accessible aux réfractaires comme moi.

Pour en savoir beaucoup plus, et par exemple lire le premier chapitre du roman, rendez-vous sur
  le site de l'auteur


L'origine du mal, Gilles Haumont, Anne Carrière, avril 2008, 460 pages, 22 €
 

 

 

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : Livres
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Samedi 10 mai 2008

A l’occasion du festival du même nom qui aura lieu pour sa 7ème édition du  22 au 25 mai 2008 à Epinal, est décerné le Prix des Imaginales qui récompense des œuvres de fantasy et comporte plusieurs catégories dont voici les lauréats :

 

Roman français : Le trône d’ébène de Thomas Day (Le Bélial)

Roman étranger : Les Salauds gentilshommes – 2 : des horizons rouge sang de Scott Lynch (Bragelonne)

Roman pour la jeunesse : La malédiction d’Old Haven de Fabrice Colin (Albin Michel)

Nouvelle : Contes myalgiques de Nathalie Dau, pour l’ensemble du recueil (Griffe d’encre)

Illustration : Guillaume Sorel pour la couverture de Kane – 1 de K.E. Wagner (Denoël)

Prix spécial : Les enfants de Hurin de Tolkien (Bourgois)


De bonnes heures de lecture en perspective...

 

 

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : News
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Samedi 10 mai 2008

La collection "Fantasy" de Calmann-Lévy tournée depuis sa  création il y a trois ans vers les auteurs anglo-saxons et asiatiques, lance un appel à textes francophones pour la réalisation d'une anthologie sur les dragons à paraître au premier semestre 2009. Tous les genres de fantasy sont acceptés (héroïque, humoristique, initiatique...).

Les auteurs, débutants ou confirmés peuvent envoyer leurs textes de 100 000 signes maximum à Sébastien Guillot aux éditions Calmann-Lévy avant le 15 septembre 2008.

Editions Calmann-Lévy - 31 rue de Fleurus - 75006 - Paris

Source : Livres Hebdo n°728, 04/04/2008

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : News
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Vendredi 9 mai 2008
 

Stephanie vient d'hériter de son oncle écrivain de best sellers quasiment tous ses biens, ses droits d'auteur et un ami particulièrement original, Skully Fourbery. Détective de son état, il a la particularité d'être mort depuis longtemps et de se cacher sous un grand chapeau et une écharpe. C'est que Skully Foubery est un squelette, sympa, mais un squelette tout de même et dans la rue, ça fait désordre. Comme Stephanie s'ennuie dans la vie, elle décide de s'imposer et de l'obliger à faire équipe ensemble, ça va la changer du train-train quotidien, c'est certain... Tous deux, ils vont chercher une clé qui devrait leur permettre de récupérer un sceptre mythique pour mettre fin aux manigances du sorcier Serpine qui ne souhaite qu'une chose : plonger le monde dans les ténèbres.

Voici la genèse du problème : les Anciens « furent les premiers sorciers, les premiers à manier le pouvoir des éléments, les premiers à utiliser la magie. Ils vivaient à l'écart du monde des mortels, ils ne s'y intéressaient pas. Ils avaient leurs propres habitudes, leurs propres coutumes et leurs propres dieux. Finalement, ils décrétèrent qu'ils voulaient être maîtres de leur destinée également et ils se dressèrent contre leurs dieux, des êtres assez déplaisants appelés les Sans-Visage ; ils les affrontèrent sur terre, dans les cieux et dans les océans. Etant immortels, les Sans-Visage remportèrent toutes les batailles, jusqu'à ce que les Anciens construisent une arme assez puissante pour les repousser : le Sceptre [...] alimenté par le désir des Anciens d'être libres. »

Oui mais voilà, le sceptre s'est perdu et Serpine veut remettre la main dessus pour faire revenir les Sans-Visage. Et pour commencer, il fait assassiner Gordon Edgley, l'oncle de Stephanie, dont on devine peu à peu qu'il n'était vraiment pas un écrivain comme les autres.

Après Eoin Colfer et son jeune héros original, voici Derek Landy, autre écrivain irlandais pour la jeunesse qui dépoussière le fantastique pour adolescents. Son Skully Fourbery emporte immédiatement l'adhésion et comme le récit ne perd pas de temps, on entre dans l'action dès la première ligne qui donne le ton : « La mort brutale de Gordon Edgley fut un choc pour tout le monde, surtout pour lui. » C'est donc souvent drôle et rempli de situations loufoques (cet inimitable squelette se déplace en Bentley jaune canari). J'ai pourtant craint le pire au début en raison d'un portrait vraiment trop appuyé du méchant oncle et de la vilaine tante de Stephanie, mais l'humour l'emporte finalement, même s'il n'est pas toujours d'une grande finesse. Un petit souci cependant du côté de l'âge de l'héroïne qui semble osciller entre les quinze seize ans jusqu'à la page 193 où on apprend qu'elle en a douze !

Mais l'important est qu'on ne s'ennuie pas et que l'on rit même volontiers d'un humour certes irlandais, mais à des lieues des landes et autres châteaux hantés qui ont fait les riches heures de la littérature fantastique de ce beau pays. Car sachez que le jeune Derek Landy est aussi scénariste de films d'horreur : il connaît son métier.

 

L'avis d'une ado branchée squelette !

 

Skully Fourbery (2007), Derek Landy traduit de l'anglais par Jean Esch, Gallimard Jeunesse, mars 2008, 293 pages, 16 €

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : Jeunesse
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Jeudi 8 mai 2008

La Bibliothèque Nationale de France publie une revue dont le dernier numéro est consacré à la science-fiction.

Il s'agit d'un parcours qui conduit des manuscrits de science-fiction collectés par la BNF à la production éditoriale présente dans les collections, et laisse une place à l’imaginaire.
Des écrivains français de science-fiction apportent leur éclairage et leur réflexion :
Jean-Pierre Andrevon questionne le pouvoir prédictif du genre littéraire ;
Philippe Curval dévoile sa pratique d’écriture originale ;
Laurent Genefort analyse l’architecture des « livres-univers » ;
Serge Lehman présente, enfin, Jacques Spitz (1896-1963), père égaré et retrouvé de la science-fiction française, par le biais d’une nouvelle inédite : « La machine à finir la guerre ».

Des articles de bibliothécaires également dont celui de Roger Musnik lisible en ligne (département Littérature et Art de la BNF) qui affirme en conclusion : "la présence de la science-fiction à la Bibliothèque Nationale de France est donc massive, mais c'est un relief invisible". La motivation est donc l'élément de base de toute recherche science-fictive à la BNF...

Revue de la Bibliothèque Nationale de France, n°28 - Editions de la BNF - ISBN : 978-2-7177-2412-7 - avril 2008 - 19 €

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : News
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Mercredi 7 mai 2008

Jérôme Camut pour moi, c'est Malhorne, grâce au premier tome paru il y a quelques années au Serpent à Plume, j'avais rencontré l'auteur pour une interview. Depuis, il y a eu Bragelonne, Nathalie Hug et une trilogie dont deux tomes sont parus aux éditions Télémaque.
Malhorne m'avait plus qu'enthousiasmée, aussi j'ai eu envie de retrouver l'auteur, histoire de me faire plaisir... Malheureusement, le charme n'opère plus. Alors je suis bien sûr d'autant plus déçue que je m'attendais à lire un bon thriller.

Résumons d'abord la situation : Elise Lamy Saint-Genès est infirmière, elle travaille auprès des malades dans le coma et semble avoir un don pour les en faire sortir. Stanislas Opalikha est un de ceux qu'elle a fait revenir, mais manque de bol, c'est un tueur en série qui va la kidnapper, l'enfermer dans un bunker et tenter de lui faire avouer comment elle l'a sorti du coma. Salah Tounsi aussi a été ramenée à la conscience par Elise et elle aussi va chercher à savoir comment et par qui, mais par des méthodes beaucoup moins violentes : la jeune infirmière porte autour du cou un pendentif gravé d'un triangle inversé qui se trouve également représenté sur les armoiries d'une grande famille française qui trouva jadis un maccabée dans son jardin. Il y a aussi Pierre Delcroix qui découvre qu'il n'est pas le fils de sa mère, plongée dans le coma, mais peut-être le frère d'Elise, et souffre de terribles migraines engendrant des hallucinations... hallucinantes : il voit Elise, son pendentif, un taureau, et même Stanislas en train d'enlever une gosse. Il y a aussi des enquêteurs officiels chargés de travailler sur la disparition d'Elise.

Dès le départ, le style ne me plaît pas, qui joue dans le mélo tragique et les clichés (Ah, le serial killer au pénis de trois centimètres !). Ce sont ensuite des raccourcis faciles qui me gênent (c'est vraiment épatant quand votre subconscient vous donne un indice !) puis une atmosphère ésotérique, un peu new age avec hallucinations communes, êtres de lumière, communion avec les arbres et les oiseaux.

Du coup, mon attention s'effrite et l'intrigue me semble de plus en plus confuse. Tout ce monde-là souffre d'insomnie mais moi, l'endormissement me guette. Car l'aspect scientifique ne m'a pas plus intéressée que l'intrigue. Les auteurs s'inspirent des travaux de Michel Jouvet sur le sommeil paradoxal, qui fait du rêve un troisième état du cerveau et de nos songes un élément formateur de notre personnalité. Transposé dans un roman fantastique, ça pourrait être passionnant. Mais il me semble que les auteurs ont voulu tisser une trame beaucoup trop dense et que le scientifique se dilue dans un propos qui frole l'ésotérisme à deux balles.

Pourtant, aux alentours de la page 120, l'enquête commence vraiment et le roman adopte un rythme plus soutenu : Stanislas se met à égorger, torturer... un peu d'action en somme. Mais mais mais, il n'y a en fait pas d'enquête vu que le lecteur sait très bien ce qui s'est passé et qu'à voir les enquêteurs piétiner, ils passent vraiment pour des billes : ce qu'ils découvrent, on le sait déjà depuis longtemps et je trouve même qu'ils mettent vraiment longtemps à faire certains rapports évidents (à partir du moment où ils savent que le meurtrier a travaillé dans le BTP, c'est quand même pas difficile de faire le rapport avec les anciens comateux de la clinique, non ?). L'enquête de Salah sur les traces des ancêtres d'Elise relèvent l'intérêt, surtout quand elle découvre une mystérieuse grotte pleine de squelettes. Il était cependant trop tard pour moi ; j'aurais peut-être dû persévérer, mais le sort des différents personnages m'étant également indifférent, j'ai jeté l'éponge page 273.

 

Les éveillés, Jérôme Camut & Nathalie Hug, Calmann-Lévy, mars 2008, 415 pages, 18,90 €

par Sandrine Brugot Maillard publié dans : Livres
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Lundi 5 mai 2008

Classement des meilleures ventes de livres pour la jeunesse, tout format et genre confondus, entre le 24 mars et le 20 avril 2008


1 - Le pacte des Marchombres tome 2 de Pierre Bottéro (entrée directe à la 1ere place)
2 - L'épouvanteur tome 4 de Joseph Delaney
3 - Les Chroniques de Spiderwick tome 1 à 5 (réédition) de Holly Black
4 - Tunnels tome 1 de Roderick Gordon & Brian Williams
5 - Les Chevaliers d'Emeraude tome 4 d'Anne Robillard
6 - Chasseurs de dragons, albums du film
7 - Pokémon : retrouve-les tous !
8 - Harry Potter et les reliques de la mort de J.K Rowling
9 - Le grand livre-jeu Max et Lili de Dominique Saint-Mars
10 - Les Simpson : livre-jeu pour jours de pluie de Matt Groening

Source : Livre Hebdo n°731 du 25/04/2008
 
par Sandrine Brugot Maillard publié dans : News
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